FRANCAIS
Commentaire littéraire sur l'incipit de Candide :
Introduction :
Conte philosophique voltairien, Candide ou l'Optimisme paru pour la première fois à Genève en Janvier 1759, alors que l'auteur a 65 ans, pour critiquer la philosophie de Leibnitz et plus particulièrement son disciple, Wolf. Voltaire a pour cela choisi d'écrire une oeuvre à la fois ironique et parodique porteuse de différents messages didactiques à travers un récit entièrement en prose composé de trente chapitres. Son théâtre, ses poésies épiques ou ses œuvres historiques, qui firent de lui l’un des écrivains français les plus célèbres au XVIIIe siècle, sont aujourd’hui largement négligées voir ignorées pour laisser place à ses différents écrits philosophiques tels Zadig, Micromégas, les Lettres Philosophiques ou encore le Dictionnaire Philosophique. La réputation de Voltaire tient aussi à son style, marqué par l'élégance et la précision, et souvent au service d'une intense ironie.
Candide est un jeune garçon naïf vivant au château du baron de Thunder-ten-tronckh en Vestphalie. Il a pour maître Pangloss qui professe que l'on vit dans le meilleur des mondes possibles. Monde qui est présenté comme étant à part, idyllique, représentant à lui seul la Terre.
Mais en quoi cet extrait d'incipit participe-t-il du genre de l'apologue ?
Nous mettrons tout d'abord en évidence cet incipit comme étant un récit court et plaisant, puis nous analyserons l'argumentation indirecte, pour finalement expliquer en quoi ce texte délivre un enseignement moral et didactique emplie d'une ironie subtile relevant parfois de l'absurde.
Conclusion :
L'étude de cet incipit comme étant un récit en prose à la fois court et plaisant a permis de mettre en évidence une quête insatiable de l'harmonie à travers la constitution d'un autre monde détaché de la réalité, le château du baron Thunder-ten-tronckh. Puis nous avons analysé l'argumentation indirecte présente dans cet extrait afin de déterminer un environnement qui se réfère à la culture et aux mythes grecs notamment grâce à l'omniprésence de la démesure. Enfin nous avons démontré que Voltaire a usé de l'ironie, jusqu'à l'absurde, comme moyen rhétorique pour promouvoir un enseignement moral et didactique qui remet aussi en cause la condition humaine et une société de paraître.
Il serait par la suite possible d'étudier le tome VIII des Fables de La Fontaine et en particulier la fable du Rat et de L'Huître qui propose, à travers un texte d'apologue écrit en vers, un récit formé par l'ignorance d'un protagoniste qui découvre le monde tel qu'il est réellement, dans une optique cependant différente de celle que Voltaire adopta pour Candide au cours du XVIIIe siècle.